Veille patrimoniale

L’épargne retraite des français vue par le COR

#retraite #épargne

Le Conseil d’orientation des retraites revient sur ses travaux relatifs à l’épargne retraite présentés en juillet 2015 et analyse les comportements d’épargne des français.

 

A l’aune d’une nouvelle réforme des retraites et, compte tenu des dernières données du COR (Conseil d’orientation des retraites) laissant présager une baisse du niveau de vie des retraités et du taux de remplacement, le COR revoit les données issues de ses travaux consacrés à l’épargne retraite présentés en juillet 2015 et analyse, par la même occasion, les comportements d’épargne des français.

Alors que 70 % des français se disent inquiets pour leur retraite, le recours aux dispositifs d’épargne retraite reste plutôt rare en France. Il existe pourtant une grande variété de produits, lesquels peuvent être souscrits à titre professionnel ou privé, à cotisations ou prestations définies, et dont la fiscalité est attractive tout au long de la phase d’épargne ou au moment de la perception des prestations. Malgré tout, certains des produits s’éloignent du principe même d’épargne retraite. Tel est le cas du PERCO et du PERP qui proposent, en plus des possibilités de déblocage anticipé propres aux produits d’épargne retraite, une sortie en capital (soit en totalité soit de façon partielle) allant à l’encontre même de la mutualisation du risque de longévité.

Les études du COR démontrent que les dispositifs d’épargne retraite restent encore marginaux par rapport à l’ensemble des régimes légalement obligatoires ou supplémentaires, puisque les cotisations versées sur ces supports ne représentent que 4,3 % de l’ensemble des cotisations acquittées au titre de la retraite, et les prestations, seulement 1,9 % de l’ensemble des prestations versées. A titre de comparaison, les provisions mathématiques (engagements des assureurs à l’égard des souscripteurs) au titre de la retraite s’élèvent à 207 milliards € contre 1 600 milliards € pour l’assurance vie.
Parmi les facteurs explicatifs, le Conseil relève les particularités de notre système de retraite. En effet, dans un système de retraite par répartition, le revenu disponible des actifs est amputé des contributions finançant le système de retraite diminuant ainsi la capacité d’épargne des assurés. En outre, les jeunes épargnants, sont davantage attirés par la flexibilité que ne satisfait pas les produits d’épargne retraite en tant que produit « tunnel » (les sommes étant bloquées jusqu’au départ en retraite). Ils orientent alors leur épargne en priorité vers l’acquisition du logement ou pour se prémunir contre un évènement inattendu.

Au-delà, il apparaît que le taux de détention de l’épargne retraite croît avec le niveau de revenu, l’âge et le niveau d’éducation. Par rapport aux autres catégories sociales, les indépendants y sont plus sensibles et épargnent davantage en vue de la retraite. Néanmoins, les alternatives existant aux produits d’épargne retraite, parmi lesquelles l’assurance vie -notamment les contrats en euros- sont privilégiées par les ménages français. Attention toutefois à la rentabilité de ces contrats. En effet, le Conseil met l’accent sur le fait que les assureurs ne peuvent pas détenir des actifs susceptibles de fournir une rentabilité élevée à long terme -à savoir, des actions- et privilégient les placements obligataires moins risqués.

Au final, il serait opportun d’encourager les comportements d’épargne retraite des français compte tenu de la situation financière des régimes obligatoires et de la baisse du niveau de vie des retraités. Des solutions devraient être proposées en ce sens dans le cadre du plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises lancé dès fin 2017.

Source : COR – L’épargne en vue de la retraite, janv. 2018

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