Veille patrimoniale

Quel avenir pour le fonds en euros ?

#fiscalité

La 11ème conférence internationale de l’assurance -événement incontournable organisé chaque année par la Fédération française de l’assurance (FFA)- avait pour thème « Assurer le long terme dans un monde de court terme », l’occasion pour le ministre de l’Economie et des Finances de s’exprimer sur le sujet.

Dans un environnement où, d’une part, les taux d’intérêt sont bas, voire négatifs, et, d’autre part, l’inflation est faible, assurer la garantie en capital et la rémunération des fonds en euros s’avère de plus en plus complexe, d’autant que cette situation inédite va probablement durer. Il ne faut pas oublier que l’assurance vie est en grande partie investie (à 80 % environ) en produits obligataires qui ne rapportent quasiment plus et même commencent à coûter de l’argent. L’augmentation du poids des engagements à long terme des assureurs n’est donc pas tenable, leur rentabilité mais aussi leur solvabilité étant petit à petit rognées. L’enjeu pour le secteur de l’assurance consiste donc à prendre des mesures visant à garantir la protection de l’épargnant français tout en assurant le bon financement de l’économie française.

Alors que beaucoup annoncent déjà la fin du fonds en euros, le ministre de l’Economie et des Finances -dans son discours du 25 octobre 2019- s’est voulu au contraire moins pessimiste sur l’avenir de l’assurance vie et en particulier sur celui du fonds en euros, support qui -selon lui- garde toute sa pertinence et sa place dans l’éventail des investissements accessibles aux épargnants français.
A ce sujet, il a notamment précisé qu’il n’est pas envisagé de revenir sur la garantie en capital des fonds en euros.

Si ces contrats ne sont pas voués à disparaître, le ministre reconnaît toutefois que leur rendement est en constante diminution, mouvement qui va inexorablement s’accentuer à l’avenir. C’est pourquoi il conseille aux différents acteurs du secteur de l’assurance d’opérer progressivement une réorientation de l’épargne des français vers des placements plus novateurs mis en place, notamment, dans le cadre de la loi PACTE, adoptée le 22 mai dernier (voir notre dossier spécial).
Ainsi, l’Euro-croissance pourrait être une bonne alternative pour l’épargnant car il offre une garantie en capital à terme (et non en continu contrairement aux fonds en euros classiques) tout en offrant des perspectives de rendements plus élevés.
L’objectif consiste désormais à développer de nouveaux produits d’épargne qui apportent plus de liberté et de rentabilité aux épargnants.

Note : Plusieurs assureurs de la Place ont d’ores et déjà prévu des conditions d’accès aux fonds en euros plus ou moins strictes, par exemple, en imposant un pourcentage minimum d’investissement en unités de compte.

Source : 11ème conférence internationale de l’assurance « Assurer le long terme dans un monde de court terme », FFA, 25 oct. 2019

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